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Wednesday, 9 July 2014

L’avion en République Démocratique Congo: tarifs scandaleux

Les experts de l’IATA (Association internationale du transport aérien) sont formels : en RDC, ce sont les commerçants qui font l’aviation. Cette vérité est toujours d’actualité et la récente surchauffe constatée dans la fixation des tarifs passagers et fret par certains exploitants aériens en est l’une des illustrations palpables.
Les mois de juin, juillet, août et septembre constituent toujours une très grande période de grands mouvements des personnes et des biens à travers les cinq continents. Les grandes vacances des écoliers et élèves, les congés annuels des parents interviennent dans les larges propositions dans l’organisation des voyages en groupes. Aucun opérateur aérien n’ose rater cette période de l’année pendant laquelle les avions sont bondés de monde. D’ailleurs, pour éviter tout désagrément, les réservations des places s’effectuent plusieurs mois à l’avance auprès des agences de voyage et de tourisme.

 Des dispositions particulières sont arrêtées pour maximiser les recettes. Un passager dûment réservé qui ne se présente pas  au comptoir d’enregistrement le jour du vol (no show), s’expose à des pénalités. Il en est de même du voyageur qui procède au changement de date du vol. Il va de soi que celui qui cherche coûte que coûte l’obtention d’une place en dernière minute, paie un petit supplément.
Sous d’autres cieux, les compagnies aériennes se livrent une rude concurrence sur la qualité des services offerts à la clientèle. L’objectif majeur poursuivi est le déplacement des voyageurs dans des conditions optimales de confort, de sécurité et de sûreté et à moindre coût. Cette politique est rendue aisée par la maîtrise des charges d’exploitation à des niveaux compatibles.

Déréglementation sauvage en RDC

Moyen utilitaire ailleurs, le transport aérien en RDC est redevenu au fil des années un luxe hors de portée du pouvoir d’achat de la majeure partie des populations congolaises. Disons-le sans ambages, présentement, nous assistons à une déréglementation tarifaire sauvage où les transporteurs exploitant encore l’espace aérien congolais, dictent leurs lois.
Les ministères des Transports et Voies de Communication et de l’Economie et Commerce semblent dépassés par la flambée des prix des billets des passagers et du fret sous le fallacieux prétexte du principe de l’offre et de la demande. L’Etat qui ne cesse de marginaliser sa compagnie aérienne nationale, pourtant instrument par excellence de sa politique, ne peut que se prévaloir de ses propres turpitudes.
Les travaux de certification des compagnies aériennes congolaises ont débarrassé l’espace aérien congolais de plusieurs transporteurs qui ne répondent pas aux normes en vigueur dans l’aviation civile internationale. Si les autorités du ministère des Transports et Voies de Communication n’avaient pas fermé les yeux, aucun autre exploitant en dehors d’Air Tropiques ne serait opérationnel aujourd’hui.
Beaucoup de compagnies aériennes de droit congolais ont été ajournées par les experts de l’IATA et de l’APAVE. Certaines ont été renvoyées pour une seconde session. En attendant l’examen minutieux de leurs manuels des procédures, seize autres retiennent leur souffle. Il s’agit notamment de Air Katanga, Margo-Express, Blue Sky, Will Airlift, Gomair, Blue Airlines, LAC, Malu Aviation, Services Air, Air Fast Congo, Busy Biee Congo, Transair Congo Service, Doren, Dakota Aviation, Swala et Air Kasaï.

Justification de la structure tarifaire

Le vide créé dans l’espace aérien de la RDC a poussé certains exploitants, dans leur position dominante, de gonfler démesurément leurs tarifs. La situation du monopole de fait a eu de fâcheuses répercussions sur la bourse des voyageurs qui n’ont plus d’autre choix devant cette offre très limitée sur les lignes intérieures.
Et pourtant, la fixation des tarifs répond à des règles nullement inventées en RDC. Plusieurs paramètres sont pris en compte dans le secteur du transport aérien. En première ligne, il y a les éléments liés à l’aviation tels l’équipage (pilotes, commis de bord, hôtesses de l’air) ; la maintenance, l’amortissement et les assurances.
Viennent ensuite les taxes et redevances aéronautiques relatives à l’atterrissage, au stationnement, aux routes, à la météo, etc. Le carburant occupe une place prépondérante avec une pondération de 55 % à 60 % dans les charges d’exploitation. Le catering, les charges diverses et la marge bénéficiaire s’invitent également au tableau.
A l’époque, la justification de la structure tarifaire des billets des passagers et du fret relevait de la compétence exclusive du Secrétariat général du ministère de l’Economie, Industrie et Commerce. Il comptait en son sein la Commission tarifaire et de lutte contre le bradage des tarifs des services aériens, dans laquelle siégeaient les délégués de la compagnie aérienne nationale et des compagnies aériennes privées de droit congolais. Les tarifs homologués étaient publiés par arrêté ministériel et tous les opérateurs aériens s’y conformaient.

Maîtrise des coûts d’exploitation

L’IATA publie chaque année des manuels des tarifs (Airline passenger tarif APT) sur lesquels se basent les exploitants aériens dans le monde entier. Toutefois, au nom du libéralisme économique, chaque compagnie fixe ses propres tarifs.
Face à la forte concurrence, la priorité dans ce secteur est la maîtrise des coûts d’exploitation doublée de la recherche des stratégies d’attraction du plus grand nombre de passagers et du fret sur ses lignes. Ainsi, sur un même vol, plusieurs tarifs sont proposés à la clientèle.
Il y a d’une part les tarifs normaux qui s’appliquent aux passagers des classes économiques, affaires et premières. D’autre part s’affichent les tarifs préférentiels ou spéciaux offerts aux groupes d’âge (enfants, personnes âgées), aux familles, aux missionnaires, aux sportifs, aux étudiants, etc. Les passagers sont soignés aux petits oignons au point d’avoir l’embarras du choix. Les compagnies aériennes investissent énormément pour aligner des aéronefs de nouvelle génération avec une faible consommation en carburant, offrent un service haut de gamme à la clientèle au sol comme à bord, une grande flexibilité des tarifs, une exploitation optimale de la flotte 24 heures sur 24, etc.

Kinshasa-Goma  à 1280 USD

A l’opposé, en RDC, les exploitants aériens se heurtent à moult écueils qui empêchent l’exploitation optimale des avions. La carence de carburant dans certaines escales contraint les compagnies aériennes à emporter beaucoup plus de carburant dans les soutes des avions en vue d’assurer leur rotation tout en sacrifiant plusieurs sièges payants.
L’insuffisance des instruments d’aide à la navigation interdit les vols de nuit dans la plupart des aéroports à l’intérieur  du pays. D’où la limitation drastique du temps opérationnel avant la tombée de la nuit. Or, un avion est conçu pour voler. Plus l’aéronef est opérationnel, mieux cela vaut et se traduit par des recettes plantureuses qui permettent d’absorber différentes charges.
Tous ces facteurs associés à d’autres, et pas des moindres, ont conduit les exploitants aériens restés seuls sur le terrain à tirer largement la couverture de leur côté en imposant leurs tarifs. Aux dernières nouvelles, un vol de deux heures entre Kinshasa et Goma se négocierait autour de 1.280 dollars américains. Pratiquement, le double d’un aller-retour Kinshasa-Johannesburg ou un aller-retour Kinshasa-Bruxelles-Kinshasa.
Ailleurs, un vol transatlantique Londres-Miami d’au moins six heures revient à peine à 190 euros. De quoi tomber à la renverse ! Trêve de jérémiades. La RDC aux dimensions sous continentales avec plus de 70 millions d’habitants, a besoin de dizaines, voire de centaines d’aéronefs pour faciliter la mobilité des gens sur de longues distances à l’intérieur des provinces avec des courts courriers, entre les provinces avec des moyens courriers et avec les pays étrangers avec des longs courriers.

Relance de la compagnie aérienne nationale

La remise à flots de la compagnie aérienne nationale existante est d’une impérieuse nécessité d’autant plus qu’elle se situe en droite ligne des recommandations pertinentes des Concertations nationales qui continuent à faire couler beaucoup d’encre et de salive.
La compagnie aérienne nationale a déjà eu à exploiter avec beaucoup de bonheur les trois axes précités et en garde une solide expérience.  Les efforts des autorités du pays devraient s’accentuer pour propulser LAC en vue de faire appliquer la politique tarifaire du gouvernement avec des tarifs homologués qui n’asphyxient pas les populations dont le pouvoir d’achat est sérieusement érodé.
Ceci n’est un secret pour personne dans la profession. Lorsque les avions de LAC sont dans l’espace aérien de la RDC, tous les exploitants s’alignent sur ses tarifs, au point même de les brader pour étouffer l’élan de LAC. Le pays ne peut pas être laissé à la merci d’opérateurs économiques qui pensent légitimement à faire fructifier leurs investissements.
Voilà pourquoi dans un élan patriotique de véritables hommes d’Etat, les autorités de la République sont  interpellées pour libérer les populations congolaises de cette forte étreinte en balisant la voie de la reprise des activités de l’instrument désigné de la RDC. C’est une question de volonté politique qui n’expose nullement le pays à des décaissements onéreux des fonds.

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